Yuri AKBALKAN

Rose Commande de l’Ensemble Batida (2014), 7 minutes
Pièce pour deux percussions et bruit blanc

“Rose is a rose is a rose is a rose”…Gertrude Stein


Dieter Ammann

Regard sur les traditions (avec quelques trompe l’oreille) (1995), 12 minutes
Pièce pour piano à 4 mains.

Le terme « traditions » fait allusion à la littérature récente (surtout Messiaen et Ligeti). Messiaen révèle un de ses modes, alors que Ligeti inspire la mécanisation du mouvement musical. Une des tendances majeures dans ces œuvres est la rupture avec une écriture conventionnelle (mélodie en haut, accompagnement en bas) en donnant une importance égale aux deux exécutants. Pour obtenir ceci, le compositeur oblige, à plusieurs reprises, les deux pianistes à se partager le même espace sonore (milieu du clavier). A d’autres moments, les lignes mélodiques s’approchent mutuellement, se croisent pour s’arrêter finalement aux bords de l’instrument. Un autre aspect important est la modification de la perception des modèles rythmiques répétitifs, provoquée par des accélérations ou des ralentissements consécutifs (« écoute linéaire » versus « écoute verticale »). Le sous-titre avec quelques trompe-l’oreille se réfère en majorité à la deuxième partie de l’œuvre où peut naître l’impression de déplacements d’accents rythmiques, bien qu’il s’agisse en réalité d’un ostinato invariable. Les dérangements dynamiques donnent l’impression d’une variété permanente.

http://www.dieterammann.ch


Béla BARTOK

Sonate (1937), 25 minutes
Pièce pour deux pianos et deux percussions

Commande de la ″Société Internationale pour la nouvelle musique″ de Bâle, cette oeuvre fait partie des partitions majeures de Bartok, illustrant les conceptions musicales et les recherches de Bartok sur les timbres et sur les intervalles, avec une structuration de la forme selon la Section d’or. 3 mouvements : Assai lento-Allegro molto ; Lento ma non troppo ; Allegro non troppo. Bartok a transcrit sa sonate en 1940 en un Concerto pour deux pianos et orchestre.


Luciano BERIO

Linea (1973), 15 minutes
Pièce pour deux pianos et deux percussions

Composée en 1973 par Luciano Berio, “Linea” fut crée avec de la danse par Felix Blaska et sa Dance-Company. Cette pièce, écrite pour deux pianos, vibraphone et marimba, travaille sur la transformation de la texture sonore en jouant sur les oppositions entre unisson et brusque éclatement de la ligne mélodique.
Elle est composée de plusieurs parties qui font s’alterner le travail minutieux du timbre dans un espace de tierce mineure qui évolue progressivement, passages virtuoses d’ensemble, événements séquentiels hachés, notes répétées et travail de la densité sonore et des paramètres de variabilité et de stabilité. Le compositeur parle d’une “mélodie”, d’une ligne qui se détruit et réapparaîtra transformée.
 


Nicolas Bolens

Welcome to the castle Commande de l’Ensemble Batida (2017), 60 minutes
Pièce pour Fender rhodes, synthétiseurs, batterie, nombreuses percussions et électronique.

A la manière des opéra-rock, « WELCOME TO THE CASTLE » est une histoire où l’on peut transformer trente secondes en une heure. L’Ensemble Batida s’est pris au jeu de rêver d’un château mis en sons comme source d’inspiration d’une épopée musicale à mi- chemin entre le rock psychédélique et la musique contemporaine.
Happé par cette bande son onirique et intrigante, parfois cauchemardesque, le public est comme debout dans son rêve. Cependant, il peut quitter l’histoire d’un battement de paupière…


John Cage

Branches (1975), 8 minutes
Pièce pour ensemble libre de percussions naturelles

Comme son nom le laisse présager, Branches est une pièce atypique dont la réalisation musicale est interprétée sur différentes matières naturelles (pierre, branche, feuille, sable, cactus, haricot sonore…) laissées aux choix des interprètes. Chacun des musiciens compose et sélectionne son propre panel de dix « instruments » avec une règle commune : exclure les matières métalliques et animales ! Branches , tout comme “Child of Tree” (pièce solo dont elle est la version amplifiée), est un mystérieux « codex » à déchiffrer. John Cage s’amuse à livrer aux “performeurs” une sorte de brouillon de partition dactylographiée, raturée, établissant par écrit les règles d’un jeu de pistes qui plonge les musiciens au cœur d’un labyrinthe de consignes parfois ambiguës. Seconde spécificité de Branches, son caractère évolutif ! John Cage compose en utilisant la précieuse détermination du Hasard grâce à un concept de tirage au sort. Ainsi, le sort agit sur différents paramètres :* le découpage des différentes parties * le nombre d’instruments joués lors de chaque parties * la proportion de silence dans la pièce.
Si certains des éléments sont livrés au hasard, ceux des motifs rythmiques et des dynamiques sont improvisés par les musiciens lors des huit minutes de musique. Chaque interprétation de Branches est une découverte. Plus qu’une musique mystérieuse et méditative, c’est une sorte de poésie sonore.


Brice Catherin

Galina Ivanovna Ustvolskaya(2014) Commande de l’Ensemble Batida, 20 minutes
Pièce pour cinq musiciens dans un piano

“Comme pour plusieurs de mes pièces, c’est une remarque anecdotique, et même drôle, qui m’a amené à une démarche tout à fait sérieuse et strictement musicale. Cette remarque est la suivante : la plupart des pièces pour percussions nécessitent littéralement un camion de déménagement. Les pianistes, au contraire, ont un instrument qui les attend dans plus ou moins toutes les villes du monde. Considérant ces deux faits, j’ai trouvé logique d’écrire une pièce pour cinq musiciens (deux pianistes et trois percussionnistes) jouant sur un seul piano.Cette pièce ne doit surtout pas être conçue comme la réduction à un seul instrument d’un quintette d’interprètes, mais bien au contraire comme l’opportunité de créer une nouvelle forme, un nouveau son, de nouvelles interactions…Simplement dit, le quintette sur un piano ne doit pas être une contrainte mais un tout nouveau champ musical à défricher, offrant des possibilités innombrables et inouïes.” Brice Catherin
http://www.bricecatherin.org/


Léo Collin

Par la Nuit (2014) Ecrit pour l’Ensemble Batida, 40 minutes
Monodrame pour trois percussions, piano à quatre mains, récitante et vidéo

Comment parler de la souffrance quand tous les mots sont vains ? A-t-elle un sens, une direction? Elle apparaît comme celle qui éteint toutes nos lumières, vide notre foyer, verrouille les portes et jette les clefs. Elle nous dépouille de tout, de tous. Ne restent que notre peau, notre souffle. Et une porte inconnue, seule issue possible.
Avec l’adaptation du Livre de Job par Catherine Fuchs, la musique de Léo Collin nous emmène alors à la lisière d’une forêt, où bruissent des chuchotements inquiétants. Le goudron et les lampadaires ont disparu. Il fait nuit. La forêt est devant nous, le demi-tour, impossible.
Par la nuit nous guide sur ce chemin rocailleux, dédale où se perdent ceux qui ont perdu le fil de lumière, relié à cet infime point de mire d’où jailli l’aube.
https://soundcloud.com/leo-collin/


Arturo CORRALES

Muñeca rusa (2008), 10 minutes
Pièce pour deux percussions et deux pianos

Il entend inlassablement cette même musique. Toujours sur ce vieux disque vinyle, toujours sur cette vieille platine qui ne marche pas bien, qui ralentit ou s’accélère, et qui oblige les oreilles, le cœur et le temps lui-même à adapter sa marche aux caprices de la machine. La fenêtre continue à s’ouvrir et se fermer avec le vent, colorant de temps en temps la symphonie avec le murmure des vagues. Il observe la marche lente et ininterrompue des lézards sur le plafond : ils font deux pas, puis s’arrêtent, immobiles.
Impuissants face aux forces énormes et géantes, mais avançant toujours avec obstination, ils s’accrochent au plafond, au mur, aux pierres où s’écrasent les vagues. Mystère de l’échelle humaine…« S’il-te-plaît, mon Dieu, aide-moi. S’il-te-plaît. Aide-moi»
http://www.arturocorrales.com


Arturo CORRALES

Acida Lourde (2015)Commande de l’Ensemble Batida, 20 minutes
Pièce pour trois percussions, deux pianos, accordéon et électronique

Nous sommes tous cinglés ! Dans tous les cas, il y aura toujours quelqu’un, un « normal », pour l’affirmer…mais parfois cette folie cache une beauté, une quête de vérité. La pièce est tissée autour du film « 12 Monkeys » de Terry Gilliam, où le fou se confonde avec le prophète et le sage ; et où celui-ci finit par devenir fou au contact avec un monde qui le signale du doigt comme un lunatique. 

La pièce est basée sur une mélodie très simple, qui s’enroule sur elle-même, mais qui peine à passer au milieu de sons saturés, textures denses, tourbillons complexes et déflagrations de l’électronique. Cette lutte entre douceur et violence, entre transparence et chaos fait naître une poésie où l’absurde a lieu d’être, et où des phrases et cris de Bruce Willis ou Brad Pitt trouvent leur place de manière naturelle.

Dans cette pièce, L’énergie scénique des musiciens générera une musique de transe. Enchaînés à leurs instruments massifs, ils tenteront une libération improbable, sorte de danse captive. Pendant environ 20 minutes, l’opposition entre finesse et brutalité construira une tension toujours croissante.
Le dispositif des percussionnistes sera assez restreint, mais ils exploiteront le piano comme un instrument à percussion supplémentaire (intérieur, extérieur et cordes). L’électronique utilisera également les pianos comme sources de résonance, en faisant naître des sons par sympathie grâce à des haut-parleurs placés à proximité des cordes.
Dans Acida Lourde, les pianos seront soumis à une sorte d’acte de vandalisme, mais, à la fin “ils survivront quand même”.
http://www.arturocorrales.com


Luigi Dallapiccola

Canti di Prigiona (1941), 25 minutes
Pièce pour deux pianos, deux harpes et 6 percussionnistes

Une pièce, lente, scandée, en forme de plainte-lamentation contre la tyrannie de la captivité, éthérée et insistante, philosophiquement et esthétiquement liée à l’autre pièce majeure du compositeur, l’opéra “Il Prigionerio” ; de façon innovante, elle utilise le plain chant pour le chœur, les instruments d’accompagnement sous forme de guirlande, et à plusieurs reprises la citation (réminiscence) d’un thème du chant Grégorien, le “Dies Irae” de la Messe des Morts, comme un symbole (déjà maintes fois repris en musique, par exemple dans la “Symphonie Fantastique” de Berlioz, la “Totentantz” de Liszt, la “Rhapsodie sur un Thème de Paganini” de Rachmaninoff) ; trois chants en 3 mouvements sur des textes anciens (Prière de Marie Stuart -durant les dernières années de son emprisonnement-, l’Invocation de Boèce -avec les seules voix de femmes-, l’Adieu de Savonarole, un psaume du moine idéaliste halluciné) qui ont pris naissance comme protestation aux manifestes anti-racial puis anti-sémite de Mussolini de Juillet et Septembre 1938 ; composée en même temps que “Vol de Nuit”, la pièce est emblématique du style de maturité du compositeur, alliant dodécaphonisme et diatonisme (une série de 12 sons tonale et atonale) [création complète : 11 Décembre 1941, à Rome (Italie), avec une création partielle -du premier chant- le 10 Avril 1940, à la radio Flamande de Bruxelles]… de la même veine, “Canti di Liberazione” (1951-1955), sur l’incarcération et la libération des Juifs dans les camps Nazis (pointilliste, davantage Webernien).
© Jean Henri Huber, Musique Contemporaine.Info


Xavier DAYER

Sous la terre, des cris (2016)Commande de l’Ensemble Polhymnia et l’Ensemble Batida, 12 minutes
Pièce pour chœur de femmes, trois percussions et piano à quatre mains

“La Méditerranée est aujourd’hui un lieu d’exil. Les souffrances ignorées se joignent à celles que nous découvrons jour après jour avec effroi. Cette pièce est une image des cris souvent assourdis d’êtres humains fuyant les guerres et la misère pour franchir la mer. L’œuvre est d’un seul tenant me faisant penser à un monolithe qui coule. Le texte chanté se compose de mots épars assemblés librement pour leurs sonorités et les images qu’ils m’évoquent. Les percussions et le piano apparaissent et disparaissent: le mouvement de l’eau qui recouvre. ” Xavier Dayer
http://www.xavierdayer.com


Michael JARRELL

Rhizomes/Assonance VIIb (1993), 15 minutes
Pièce pour deux percussions, deux pianos et dispositif électroacoustique

“Rhizomes est un terme de botanique. C’est l’appellation d’une tige souterraine qui s’allonge en poussant soit des rameaux, soit des feuilles à l’une de ses extrémités, tandis qu’elle se détruit par l’autre. Comme l’étymologie l’indique, il s’agit d’une racine”, écrit Jarrell dans sa notice de programme lors de la création. Mais rhizome est aussi un concept philosophique développé par Gilles Deleuze et Félix Guattari, notamment dans Mille Plateaux. Précédée d’une citation d’une œuvre pour piano de Busotti, ce qui laisse deviner d’éventuelles implications musicales, l’analyse du concept souligne les principes de connexion, d’hétérogénéité, de multiplicité, de rupture assignifiante… qui lui sont inhérents : “Un rhizome ne commence et n’aboutit pas, il est toujours au milieu, entre les choses, inter-être, intermezzo. L’arbre est filiation, mais le rhizome est alliance, uniquement d’alliance. L’arbre impose le verbe être, mais le rhizome a pour tissu la conjonction et… et… Il y a dans cette conjonction assez de force pour secouer et déraciner le verbe être”. Cherchant à s’extraire de la référence obligée à la pensée de Deleuze et à retourner à la réalité du texte philosophique et aux arborescences de la grammaire générative, Rhizomes réalise cette conjonction de l’organique et du biologique, cette simultanéité des périodes, temps et tempi différents en empruntant sa substance à Assonance VII (1992), pour percussionniste, en explorant la continuité formelle et timbrique, et en intégrant ou liant la mobilité de l’univers percussif des tam-tams, cymbales, gongs, maracas et autres bongos à la rigidité de l’univers tempéré.
Laurent Feneyrou, extrait du livret du CD Accord
http://www.michaeljarrell.com


Kevin JUILLERAT

Ginkgo (2011), Ecrit pour l’Ensemble Batida, 9 minutes
Pièce pour deux percussions et deux pianos

J’aime imaginer mes pièces comme des être vivants faits de sons, de formes et de couleurs ; organiques et en continuel développement. La nature, qu’elle soit animale, végétale ou minérale, la majesté et la fragilité de ses cycles et de son équilibre sont pour moi une inépuisable source d’inspiration.
L’image du serein ginkgo biloba – dernier représentant de la plus ancienne famille d’arbres connue – et de ses feuilles à deux lobes est présente dans toute la pièce, tant au niveau de sa forme que de son effectif, par exemple. Les deux pianos symbolisent ainsi à la fois la symétrie de la feuille de ginkgo et le tronc d’une entité sonore aux teintes changeantes, métalliques ou boisées, comme celles d’un feuillage au fil des heures et des saisons.
L’impressionnisme liquide et vibrant des Images et l’expression raffinée et parfois déchirante des dernières Sonates de Claude Debussy ne sont pas non plus étrangers à cet hommage à un grand alchimiste du son.
http://www.kevinjuillerat.ch


Kevin JUILLERAT

Gawa III (2015)Commande de l’Ensemble Batida, 10 minutes
Pièce pour saxophone ténor, trois percussions, synthétiseur et lumières

Gawa signifie se déplacer en langue Igbo du Nigéria. Ce cycle, dont Gawa III sera le troisième volet, s’articule autour de deux concepts principaux : d’une part, la spatialisation comme paramètre musical et moyen expressif prépondérants, et d’autre part, le développement d’une sorte de musique mixte primitive, mêlant lumières, instruments acoustiques et électriques.
Se nourrissant des différents rapports pouvant exister entre ces différents éléments, chaque pièce est une sorte de rituel poétique et contemporain où humain, instrument de musique et électricité tentent de s’apprivoiser.
http://www.kevinjuillerat.ch


Mauricio KAGEL

Auftakte, sechshändig (1996), 10 minutes
Pièce pour deux percussions et piano

Dans l’ensemble de son oeuvre, Mauricio Kagel s’est particulièrement attaché à amplifier la théâtralité de la performance musicale, interrogeant avec humour et originalité les rapports entre musique, scène et mouvement. Dans Auftakte, sechshändig, l’événement scénique initial (un des deux percussionnistes recherche bruyamment une de ses baguettes) attire l’attention sur ce qui se passe avant même que ne commence le développement du matériau musical, l’impulsion préalable. L’anacrouse, ensemble de notes qui précèdent le temps fort, est ainsi développée à l’échelle de la phrase musicale, comme à celle de l’organisation formelle. EN résulte une vive succession d’épisodes musicaux caractéristiques, fruits de l’interaction des énergies contrastées des trois instrumentistes, et qui semble prendre constamment son élan vers le “vrai” début de la pièce.
Jeanne Larrouturou


Magnus LINDBERG

Related Rocks (1997), 17 minutes
Pièce pour deux percussions, deux pianos et électronique

Related Rocks exprime parfaitement la conception polystylistique de la pensée de Magnus Lindberg. Utilisant toutes les ressources de l’informatique musicale, Lindberg y cherche des concepts servant à la composition même de l’œuvre et à la réalisation d’objets sonores qui sont déclenchés par les pianistes à l’aide de claviers Midi pilotant l’ordinateur. Clairement, Lindberg développe des continuités entre des sonorités très diverses, des formations harmoniques et/ou rythmiques très différenciées, voire des allusions stylistiques éloignées, à tel point que certains critiques n’ont pas hésité à parler de patchwork musical. Mais cette diversité tient avant tout au matériel et aux instruments pour lesquels la pièce est écrite : les pianistes approchent toutes les formes d’écriture pour l’instrument développées depuis deux siècles, tandis que la percussion révèle ses relations étroites avec la musique minimaliste, le jazz ou les musiques non-occidentales. Chaque section musicale, chaque fragment stylistique est ainsi clairement démarqué et tout l’art de Lindberg est consiste à créer ces continuums.
Eric de Visscher.
http://www.magnuslindberg.com/


Martin MATALON

La Makina (2008), 23 minutes
Pièce pour deux percussions, deux pianos et électronique

La Makina est construite autour de 7 sections enchaînées de durées inégales. Certaines de ces sections sont parfois très brèves et d’autres relativement longues. Cette articulation formelle est à l’image des formules rythmiques du dernier mouvement, qui donne le titre à l’œuvre. Trois problématiques compositionnelles ont été au cœur de mes préoccupations en ce qui a trait au déroulement formel de cette pièce:
1. l’opposition créée par l’usage du temps lisse et du temps strié (ou temps suspendu – temps pulsé)
2. les contrastes entre les textures de densité très diverses
3. la complémentarité harmonique créée par le rapport de registres souvent aux antipodes.
C’est dans la dialectique et l’interaction de ces problématiques que la forme de la Makina s’est échafaudée.
http://martinmatalon.com


Martin MATALON

…Del color a la materia… (2011), 42 minutes
Pièce pour six percussions, deux pianos et électronique

Propice au travail sur la matière sonore, la palette instrumentale très particulière de Del Color mêle, outre six percussions d’une grande diversité (instruments en bois, métaux, peaux, terre, sable et instruments traditionnels digitaux comme les tablas, le zarbe ou l’udu), deux pianos et un dispositif électronique. Toute l‘activité de ce dernier, que se soit la spatialisation, la transformation de timbres, la fabrication de résonances et les effets en général, est reproduite en temps réel.
http://martinmatalon.com


Martin MATALON

Le Scorpion (2008), 65 minutes
Pièce pour deux pianos, 6 percussions et électronique. Bande-son du film de Luis Buñuel “L’Age d’Or” (1930)
Le temps d’une heure, six percussionnistes et deux pianistes se jouent des couleurs et des matières du Scorpion, œuvre-phare du répertoire contemporain oscillant entre l’univers coloré et contemplatif de Martin Matalon et celui plus menaçant et subversif du film de Luis Buñuel L’Âge d’Or. Les musiciens, soutenus par le dispositif électronique, font crépiter les sons d’insectes, vivent le vertige de celui qui se penche un peu trop près du précipice, recréent l’éclat d’une pupille. Ils entraînent le public dans une marche fataliste, irréelle et acide, vers des paysages de lumières, théâtre d’un rêve sans fin où le temps n’a aucune prise, où le vent souffle blanc…

La pièce de Martin Matalon offre une lecture musicalement colorisée du chefd’œuvre. Sa partition suit pas à pas la dramaturgie du film, et s’articule en quatorze intermèdes évocateurs : Les scorpions / La descente / La choza / Les bandits / Les majorquins / Rome / La ciudad/ La vache sur le lit/ Les marquis de X / La claque / The love scene / La girafe, le coussin et le prêtre / Le duc de blangis

http://martinmatalon.com


Martin MATALON

KDM (2008), 15 minutes
Pièce pour deux percussions, accordéon et électronique

“L’œuvre est construite par 5 mouvements continus. Chaque point d’arrivé d’une section, constitue le point de départ de la nouvelle.
Le troisième mvt, est le centre, le noyau dur de l’œuvre. Le moment où la totalité de la pièce converge et diverge… Cet “état”, construit d’une juxtaposition de courtes séquences poly-rythmiques qui se télescopent en augmentent d’intensité au fur et à mesure de son déroulement. Paradoxalement, c’est la seule section de l’œuvre où l’électronique et le traitement du timbre comme paramètre structurant de l’œuvre, sont quasiment absents du contenu. Ils sont remplacés par un déploiement virtuose et vigoureux du jeu instrumental mis a nu.
Ce noyau central est encadré par deux courtes sections annexes qui mettent en valeur l’accordéon avec ses extensions spatiales et timbrales réalisés par le biais de l’électronique et par un jeu de masquage des deux autres partenaires. Le prologue et l’épilogue, exploitent par des différents biais l’alchimie timbrale et spatiale de ses trois instruments augmentés et corroborés par les possibilités multiples de l’électronique. Chaque état met en évidence un traitement temporel particulier : du temps suspendu au temps pulsé en passant par le temps striée apériodique et la pulsation fantôme”.
http://martinmatalon.com


Sergio MENOZZI

Lieux Inexprimables (2016), Commande de l’Ensemble Batida, 22 minutes
Pièce pour trois percussions, deux pianos et clarinette basse/saxophone soprano

Quelque part sur les terres des poèmes d’Henri Michaux, « Lieux inexprimables » développe un univers évoquant les grandes pages du répertoire pour la formation pianos & percussions: lignes mélodiques indélébiles, atmosphères éthérées, science de la distorsion métrique, manipulation virtuose de textures fragiles, affirmation de contrastes puissants…
Grâce à une écriture sensible, Sergio Menozzi place devant nous un « miroir déformant » et détrône par le prisme de sa musique la réalité familière, au profit d’une poésie de l’indicible. De ces instants qui dépassent les mots, on retient un duo de feuilles qui se déchirent (Vème mouvement), des éclats de cymbales et triangles aux prises avec le lugubre (II ème et III ème mouvement), les harmonies extatiques des pianos contre le métal acerbe des mouvement obstinés de vibraphone (V ème mouvement), ou encore le temps en apesanteur (Ier mouvement) pendant lequel des feuilles de peupliers montent, allez savoir où… Très influencée dans l’écriture par les effets de substances hallucinogènes, la langue si atypique de Michaux imprègne chaque seconde de la pièce, et la place dans une sorte d’apesanteur lunaire délicieuse.
Alexandra Bellon


Maurice OHANA

Lys de Madrigaux (1976), 22 minutes
Pièce pour chœur de femmes, cithare, piano, orgue et percussion

Les Lys de Madrigaux puisent à la source mythologique méditerranéenne, et essentiellement dans le chef-d’œuvre que représente l’Odyssée d’Homère. Les figures féminines qui ont prêté leur nom aux différentes parties de cette magnifique œuvre appartiennent toutes à ce monde. Calypso, la nymphe qui sauva Ulysse de son naufrage et le retint plusieurs années auprès d’Éole, Circé, fille d’Hélios et de Persée, grande magicienne qui avait le don de transformer ses convives en animaux ou en monstres, Sappho, qui se jeta à la mer par dépit amoureux. Enfin les Parques, fileuses, qui présentées comme des sorcières ou des jeteuses de sorts, mesuraient la vie des mortels et tranchaient ainsi leur destin. Des madrigaux de ses lointains prédécesseurs, Ohana en a puisé l’esprit.
D’après Christine Prost


Maurice OHANA

Études d’interprétation (1982-85), 21 minutes
Duos pour piano et percussion

Étude N°11 “Sons confondus” (métaux) et N°12 “Imitations” (peaux)


Ensemble Batida/Richard Van Kruysdijk

Spring Tide (2013), 70 minutes
Pièce pour vibraphone, batterie, fender rhodes, piano, contrebasse, machines à écrire, percussions et électronique

« Spring Tide » réunit le musicien électro Richard Van Kruysdijk et l’Ensemble Batida pour une musique de transe de 70 minutes, composée pour le spectacle éponyme du chorégraphe belge Jens Van Daele. Haine et Amour s’entrechoquent au son des pas des 6 danseurs, accompagné par le souvenir des rythmes de la musique du « Sacre du printemps ». Les musiciens (piano, batterie, fender rhodes, vibraphone, machines à écrire, percussions) mèlent musique répétitive et électronique, énergie rock et couleurs contemporaines.
http://richardvankruysdijk.blogspot.fr


Steve REICH

Sextet (1985), 26 minutes
Pièce pour quatre percussions et deux pianos

Sextet est composé en cinq mouvements joués sans interruption et formant une structure en arche A-B-C-B-A. Les premiers et denier mouvements sont rapides, les deuxième et quatrième modérés et le troisième lent.Ils s’organisent harmoniquement autour de cycles d’accords communs (essentiellement des accords de dominante) auxquels dont ajoutées des notes qui créent un langage harmonique chromatique plus sombre et plus diversifié.
Parmi les techniques de compositions adoptées ici, on trouve la substitution de pulsations frappées au silences de manière à construire un canon entre des voix jouant jouant le même motif répété. On trouve également des techniques influencées par la musique africaine, fondées sur l’ambiguïté métrique d’un ensemble de douze temps (3×4 ou 4×3). Ce sont les ambiguïtés de cette sorte qui insufflent vigueur et vie à une musique largement établie sur la répétition.


Steve REICH

Four Organs (1970), 15 minutes
Pièce pour quatre synthétiseurs et maracas


Terry Riley

In C Musique minimaliste répétitive de 1964, env 55 minutes

IN C compte 53 patterns, pour une durée variable entre 45 minutes et une heure trente. L’Ensemble Batida propose une version pour 5 musiciens de cette pièce fondatrice du minimalisme.
Pas de jaloux, tous les instruments peuvent jouer IN C, balles de ping-pong et brosses à chaussures aussi, même si les stars de cette orchestration seront certainement le vibraphone, le piano, le Fender Rhodes, le synthétiseur Roland XP-30, les mélodicas, le glockenspiel, la batterie, le tam-tam, ou le toy piano!


Aziza SADIKOVA

Kharms’ Diary Note, Jan.1925 (2014) Commande de l’Ensemble Batida, 10 minutes
Pièce pour piano, accordéon et percussions

“La pièce sera composée pour piano, accordéon et percussion (objets, papier journal, «toy piano»,glockenspiel, petites percussions et cithare). Elle prendra appuis sur un texte de l’auteur avant-gardiste russe Daniil Kharms et portera sur le théâtre musical, impliquant le jeu d’acteur par le
dialogue, le chuchotement, le déchirement de papier… La pièce parcourra différents styles musicaux, dont le tango.”Aziza Sadikova


Erik Satie

Vexations Performance de 24 heures (1893)
Pièce pour piano solitaire
« Pour se jouer 840 fois de suite ce motif, il sera bon de se préparer au préalable, et dans le plus grand silence, par des immobilités sérieuses »


Kim SEHYUNG

Sac à dos pour trois Commande de l’Ensemble Batida (2015), 10 minutes
Pièce pour deux percussions et accordéon

“Sac à dos pour trois est un jeu dans lequel le propriétaire du sac à dos (l’accordéoniste) doit deviner les objets cachés dans son sac. Deux autres musiciens, qui n’en connaissent pas le contenu, sortent un à un ces objets du sac à dos et tentent de produire des sons de différente manière avec l’objet. L’accordéoniste doit lors tenter de deviner avec quel objet le musicien est en train de jouer…” Kim Sehyung


Igor STRAVINSKY

Le Sacre du printemps (1913), 35 minutes
Pièce pour trois percussions et deux pianos

“La musique de M. Igor Strawinsky, par son agitation frénétique, le tourbillon insensé de ses rythmes hallucinants; par se agrégations d’harmonies en dehors de toute convention et de toute analyse, d’une hardiesse agressive que nul n’avait jamais osé jusqu’à ce jour; par l’insistance obsédante de ses thèmes, leur saveur et leur étrangeté; par la recherche de la sonorité dans ce qu’elle a de plus paradoxal: combinaisons audacieuses des timbres, emploi systématique du registre exceptionnel de l’instrument; par son orchestration tropicale, iridescente, d’une somptuosité invraisemblable; par un excès, pour tout dire, une luxuriance inouïe de raffinement et de préciosité, la musique de M. Igor Stravinsky arrive à ce résultat inattendu – et voulu – de nous donner l’impression de la plus ténébreuse barbarie.”
La France, 4 juin 1913, F. Schmitt (critique)